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02/02/2007

Initiative littéraire alternative

medium_diffusion_bordeaux_les_quais_8_.JPGDiscussion sur la distribution gratuite de littérature:
Lise-Marie Jaillant:
Je vais être honnête (et un peu brutale, à mon habitude): je ne crois pas que cela soit une très bonne idée de distribuer des livres gratuitement. Ce côté "jetable" ne me convient pas pour mes nouvelles. A titre de comparaison, les textes disponibles sur le web sont gratuits et très facilement accessibles: est-ce que les gens lisent plus pour autant?
J'ai toujours considéré les livres comme des objets dignes de valeur, et je serais ravie que plus tard mes textes soient disponibles en bibliothèque. Mais encore une fois, je ne veux pas qu'un pauvre type qui n'a rien demandé se retrouve avec "Dignitas" ou "alive n'moving" dans les mains...
Stéphane Boudy:
...sur le fond, nous voyons plus cette diffusion comme une concurrence faite aux autres types de lecture proposés gratuitement. Ici on te met entre les mains une oeuvre qui invite (on espère) à plus de curiosité ensuite.
C'est aussi un moyen direct pour un auteur de toucher un public quand on connaît les problèmes de diffusion et de vente des petites comme des grandes maisons d'édition. Bien sûr le type qui n'a pas l'air à l'écoute, pressé ou super- hostile on ne lui donne pas la nouvelle, on le laisse passer, on discute aussi parfois avec certains...
Autre point: c'est une promotion d'une oeuvre qui est proposée plus que l'oeuvre elle-même, en effet hors de question de donner des recueils entiers, nous sommes dans l'extrait et dans l'incitation. Pour répondre à ton idée sacrée de l'oeuvre en bibliothèque nous respectons bien sûr cette dernière et avons la même... mais il s'agit juste de sortir un peu du temple pour porter la bonne parole, on n'en respecte pas moins le temple.
Pour la question de la gratuité il faut encore voir cela comme une promotion, ce n'est pas une provocation. D'autant que cela peut et doit inciter les lecteurs à acheter davantage en librairie.
La littérature n'est pas gratuite et employer cette gratuité est un moyen contre la consommation de masse qui fait l'économie de la curiosité et de la qualité. Il s'agit plus d'imposer la littérature comme une présence dans la cité.
De manière plus pragmatique, tu pourrais imaginer un budget publicité d'une grosse maison d'édition consacré au tirage de 500000 nouvelles (ou extrait de roman) pour promouvoir tel ou tel livre au lieu d'un encart dans un grand quotidien payé au prix fort.
Un dernier élément: ces nouvelles ne sont pas "jetables" car l'objet est très solide et beau d'apparence, ce n'est donc pas quelque chose que le lecteur jette, il conservera l'objet.
Dans le même registre des initiatives littéraires alternatives voir le blog de LMJ:
La Compagnie du Barrage le 2 février 2007

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