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19/08/2007

Publicité pour les oeuvres et DIFFUSION GRATUITE

69e94ce7f916cbfe44c950f44b185ade.jpgje reste à peu près persuadé que la prochaine utopie, celle qui est devant nous, c'est la gratuité d'extraits de livres en guise de publicité (au sens de Kant: RENDRE PUBLIC)
non pour couler l'édition et la vente des livres mais au contraire pour doper ce marché en réintroduisant l'objet-livre au coeur de la cité...
quand les gros éditeurs décideront de consacrer leur budget pub à l'impression d'un million d'extraits (ou nouvelles)à distribuer gratuitement dans les librairies ou dans les hôtels, aéroports, trains, ils auront tout compris...
la presse a déjà fait cela: les ventes ont été dopées grâce à la distribution de journaux gratuits...(même si la presse, avec internet notamment, a des problèmes qui restent intacts)
cette distribution a de nouveau rendu l'objet familier (la bonne vieille lecture du journal !)et c'est cela dont le livre a besoin...
car il a aujourd'hui des concurrents sévères, radicaux (DVD, jeux, etc)

les éditions du barrage, avec leur distribution gratuite, sont encore en phase d'expérimentation (deuxième année d'existence) mais s'auto-financent presque déjà tant beaucoup de gens ont accroché à cette idée nouvelle, alternative...
on attend maintenant les "investisseurs"... mais avec confiance...même si ce n'est que dans 10 ans...je crois qu'ils viendront pour étendre cette action
et quand on pourra dire à un auteur qu'un million de personne, sans même que la télévision en donne "l'ordre", va lire un extrait de son oeuvre... on sera très très fier...

on peut parler aujourd'hui d'un goût pour la lecture plutôt relâché, d'un monopole des grands groupes, des diffuseurs et des critiques sur la notoriété des oeuvres: avec une distribution massive de textes pour nouvelle PUBLICITE, c'est tous les livres qui y gagneront.

bien amicalement,
stéphane boudy

09/04/2007

Pourquoi diffuser gratuitement de la littérature?

medium_Photo_647.jpg

Parce que cette dernière représente aujourd'hui très peu dans la consommation culturelle globale des Français: 20% de littérature sur 58% de Français qui achètent des livres (20 mars 2007/ l'audit de la France-Le Figaro). Pour inciter à davantage d'achat, pour relancer la lecture.

 

L' oeuvre des auteurs n'est-elle pas dénaturée si elle est gratuite?

 

Il s'agit de distribuer gratuitement des extraits d'oeuvre (roman, récit,...) ou une nouvelle et non des oeuvres intégrales. Il faut limiter cette action à l'incitation.

 

Où, dans quel format et dans quelle quantité?

 

Dans plusieurs villes en France et dans certaines capitales européennes dans les lieux francophones.Le format est mini-poche, pratique, esthétique, ludique. Il faut en distribuer plusieurs milliers et plusieurs fois par an.

 

C'est donc une sorte de publicité mais qu'est-ce qui garantit son efficacité?

 

La réaffirmation de l'objet-livre dans la cité est nécessairement incitatif. La diffusion de journaux gratuits, nouveauté en Europe, a fait augmenter la consommation de journaux payants.

 

Qui doit financer?

 

Les journaux payants financent aujourd'hui les journaux gratuits.Le journal Le Monde et le groupe Bolloré ont lancé MatinPlus (Dossiers et documents/ Le Monde/ mars 2007). La littérature gratuite doit donc être financée par les éditeurs désireux de faire un pari sur ce nouveau mode publicitaire et par les institutions publiques pour la relance de la lecture. L'association La Compagnie du Barrage choisit, met en forme et diffuse les différents projets d'éditions.

02/02/2007

Initiative littéraire alternative

medium_diffusion_bordeaux_les_quais_8_.JPGDiscussion sur la distribution gratuite de littérature:
Lise-Marie Jaillant:
Je vais être honnête (et un peu brutale, à mon habitude): je ne crois pas que cela soit une très bonne idée de distribuer des livres gratuitement. Ce côté "jetable" ne me convient pas pour mes nouvelles. A titre de comparaison, les textes disponibles sur le web sont gratuits et très facilement accessibles: est-ce que les gens lisent plus pour autant?
J'ai toujours considéré les livres comme des objets dignes de valeur, et je serais ravie que plus tard mes textes soient disponibles en bibliothèque. Mais encore une fois, je ne veux pas qu'un pauvre type qui n'a rien demandé se retrouve avec "Dignitas" ou "alive n'moving" dans les mains...
Stéphane Boudy:
...sur le fond, nous voyons plus cette diffusion comme une concurrence faite aux autres types de lecture proposés gratuitement. Ici on te met entre les mains une oeuvre qui invite (on espère) à plus de curiosité ensuite.
C'est aussi un moyen direct pour un auteur de toucher un public quand on connaît les problèmes de diffusion et de vente des petites comme des grandes maisons d'édition. Bien sûr le type qui n'a pas l'air à l'écoute, pressé ou super- hostile on ne lui donne pas la nouvelle, on le laisse passer, on discute aussi parfois avec certains...
Autre point: c'est une promotion d'une oeuvre qui est proposée plus que l'oeuvre elle-même, en effet hors de question de donner des recueils entiers, nous sommes dans l'extrait et dans l'incitation. Pour répondre à ton idée sacrée de l'oeuvre en bibliothèque nous respectons bien sûr cette dernière et avons la même... mais il s'agit juste de sortir un peu du temple pour porter la bonne parole, on n'en respecte pas moins le temple.
Pour la question de la gratuité il faut encore voir cela comme une promotion, ce n'est pas une provocation. D'autant que cela peut et doit inciter les lecteurs à acheter davantage en librairie.
La littérature n'est pas gratuite et employer cette gratuité est un moyen contre la consommation de masse qui fait l'économie de la curiosité et de la qualité. Il s'agit plus d'imposer la littérature comme une présence dans la cité.
De manière plus pragmatique, tu pourrais imaginer un budget publicité d'une grosse maison d'édition consacré au tirage de 500000 nouvelles (ou extrait de roman) pour promouvoir tel ou tel livre au lieu d'un encart dans un grand quotidien payé au prix fort.
Un dernier élément: ces nouvelles ne sont pas "jetables" car l'objet est très solide et beau d'apparence, ce n'est donc pas quelque chose que le lecteur jette, il conservera l'objet.
Dans le même registre des initiatives littéraires alternatives voir le blog de LMJ:
La Compagnie du Barrage le 2 février 2007