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14/09/2010

jean-marie palach

Extrait de la nouvelle "Le choix de l'amiral", lauréate du concours 2010 de la Compagnie du Barrage.

La ville bretonne bruissait de la rumeur. Deux bateaux de l’escadre de René Dugay-Trouin allaient mouiller dans le port, avant de rejoindre le reste de la flotte ancrée dans la rade de Brest. En l’an de grâce 1711, le capitaine de la marine royale préparait avec minutie, à la demande du roi Louis le Quatorzième, une expédition punitive contre le Brésil, pour venger l’affront subi l’année précédente par les cinq vaisseaux commandés par Duclerc.

Les voiles des deux trois-mâts claquaient dans le vent alors qu’ils manoeuvraient pour accoster. Sur l’un d’entre eux, plusieurs gabiers s’activaient pour replier la grande hune. Loïc jeta un dernier regard sur les navires puis repartit en courant vers le centre de la ville. Il arriva, essoufflé, devant une pauvre taverne, descendit les trois marches d’accès, baissa la tête pour ne pas heurter le linteau et parvint dans la grande salle obscure, déserte au milieu de l’après-midi.

Jean-Marie Palach 019.jpg

ENTRETIEN - août 2010

une des définitions de l'écrivain: c'est l'artisan

alors...
 
aimez-vous les travaux manuels?
 
Pas vraiment. Je ne les déteste pas non plus. Mais je n'ai aucune passion pour la menuiserie, le confection de maquettes ou la broderie. En revanche, j'aime bien m'occuper de mon jardin, planter et tailler les arbres ou ce genre de choses, avec la satisfaction immédiate ou un peu différée de voir le résultat.
 
et aussi les contraintes pratiques: faire les courses par exemple, à quel endroit et pourquoi?
 
J'aime bien faire les courses, mais à petites doses. Au bout d'un certain temps, j'ai envie de fuir et de passer à autre chose. J'habite en banlieue parisienne et je travaille en semaine, alors je privilégie les grandes surfaces pour faire le maximum de courses en le minimum de temps pour sauver le reste du week end. Un plaisir que je préserve, acheter les pains au chocolat le dimanche matin chez le boulanger du quartier.
 
qui aimez-vous lire?
 
Je lis ou relis tout à la fois les auteurs confirmés et ce que m'indiquent ou m'offrent mes proches. Et aussi des romans policiers. Pour les auteurs confirmés, c'est un plaisir mais sans surprise. Je savais que je ne serai pas déçu (dernièrement, j'ai relu ou lu "La Peste" de Camus, "les Mots" de Jean-Paul Sartre et "La Mort est mon métier" de Robert Merle). Pour les autres, ça dépend. Il s'agit souvent de prix littéraires offerts à l'occasion de fêtes. 
 
avez-vous des enfants et si oui, quel est le rapport (instauré, avoué, secret?...)avec papa ou maman qui écrit?...
 
J'ai commencé à écrire des nouvelles au début de l'année et mes enfants sont grands (Une fille de 24 ans et un garçon de 22 ans). En revanche, quand ils étaient petits, je leur racontais des histoires chaque soir, pendant des années, et ils adoraient cela et moi aussi . J'inventais les histoires au fur et à mesure. L'héroïne que j'avais créée s'appelait Tata la Panda. Des personnages la rejoignaient au fil des soirs et à la fin ils formaient une troupe conséquente, dont l'énumération commençait chaque nouveau récit. Je joins une novuelle que 'jai rédigée cette année en me souvenant de cette période. Les enfants ont grandi, ils ont eu chacun leur chambre et nous avons abandonné ce rituel.
 

recueil de nouvelles 2010

rene duguay trouin antoine graincourt.jpg

En couverture le corsaire René Duguay-Trouin représenté par Antoine Graincourt.

23/04/2010

Ouverture du concours de nouvelle francophone 2010 le 1er mai

Compagnie du Barrage – Bordeaux  (France ) - Concours de nouvelles francophone 2010

 

 

Article 1 (Objet-diffusion)

 

Nous ouvrons par le présent règlement, du 1er mai au 31 juillet 2010, notre cinquième concours de nouvelles qui donne lieu à l’édition d’un recueil. Nous avons inauguré cette collection de petits livrets noirs de 64 pages par l’édition de la nouvelle de Christophe Fourvel Le Village en 2006. Ces recueils ne sont pas commercialisés mais disponibles à l’adresse de l’association contre 6 timbres l’unité (France) ou 10 timbres l’unité (Etranger). Leur diffusion est assurée auprès des spectateurs de théâtre que nous rencontrons dans les centres culturels ou instituts français à l’étranger partenaires de l’association (Vietnam, Cambodge, Maroc, Turquie).

Le format mini-poche de ces recueils leur assure un aspect ludique qui invite à l’intimité de la lecture, ils ont été conçus pour loger dans une poche de jean, être lus dans les transports en commun, donnés gratuitement pour mieux faire connaître des fragments littéraires de nouveaux auteurs. Leur format laisse la place à des textes allant de 12000 à 25000 caractères l’unité, peu ou pas publiés dans le cadre de l’édition classique. Ce format court et en même temps conséquent nous semble pour partie responsable de la qualité des textes que nous recevons. Les auteurs ont une certaine habitude des « longues distances », écrivent, s’entrainent assez régulièrement.

 

 

Article 2 (Sélection-genre-statut des auteurs)

 

Parmi une centaine de textes reçus un jury de professionnels de l’écrit en choisit au minimum deux. Les envois de textes se font exclusivement par internet. Ce qui facilite la gestion ainsi que l’intégration de classe d’étudiants en français à l’étranger dans le jury (Alliance française de Katmandou en 2009). Ceux-ci deviennent lecteurs-éditeurs puisqu’ils pèsent sur les décisions finales. La participation de jeunes qui apprennent le français à l’étranger ainsi que celle de leurs professeurs (un professeur-auteur roumain a été lauréat du concours d’été) nous semblent essentielles.

La littérature dépasse, au sens propre et figurée, les frontières. Si ce n’est la réalité, la Compagnie du Barrage entretient par son action, l’échange et le partage universels des sentiments et des idées.

Tous les auteurs édités restent possesseurs des droits de leur texte. Ils reçoivent une compensation forfaitaire qui autorise en retour la Compagnie du Barrage à les publier et à les diffuser dans le cadre strict de ses activités. L’annonce des résultats par Internet est suivie de la publication d’entretiens avec les auteurs ou d’extraits de nouvelles. Les recueils bénéficient d’un service-presse auprès d’une trentaine de médias et partenaires en France et à l’Etranger.

 

 

Article 3 (Participation 2010)

 

Le concours de nouvelles de la Compagnie du Barrage ne reçoit aucune subvention.

Des partenaires privés (Cinéma Utopia, Association franco-vietnamienne de Bordeaux, Journal Sud-Ouest, blog Wrath, site Bonnes nouvelles) ou publics (SCAC Roumanie et Turquie) en font la promotion.

Les frais d’inscription au concours sont de 9 euros. Cette somme est entièrement affectée à l’impression du recueil de nouvelles (2 à 3000 exemplaires).

Chaque auteur participant reçoit un recueil de nouvelle gratuit à parution et peut aussi commander le recueil édité l’année passée en ajoutant 3 euros aux frais. Chèque à l’ordre de l’association Compagnie du Barrage.

Chaque auteur ne peut présenter plus de deux nouvelles (une nouvelle : 9 euros, deux nouvelles : 18 euros).

Le thème des nouvelles est libre. Le genre est ouvert : textes théoriques, jeunesse, poésie, théâtre comme littérature générale.

Deux textes au minimum seront choisis pour être édités. Leurs auteurs recevront chacun 50 euros et 10 recueils de nouvelles gratuits à parution.

L’inscription pour les auteurs-résidents de l’étranger est gratuite. En cas de succès au concours, la valeur de leur prix sera commuée en nombre de recueils de nouvelles cédés.

Les auteurs doivent envoyer leur nouvelle par internet à l’adresse : compagniedubarrage@yahoo.fr (word) et un courrier classique à l’adresse de l’association avec : chèque d’inscription, enveloppe affranchie à 0,56 euros et  coordonnées.

Adresse : Compagnie du Barrage 5 Place du Marché des Chartrons 33000 Bordeaux (France). 

Nous n’accusons pas réception de l’inscription sauf en cas de problème (non réception de la nouvelle par internet ou du courrier classique).

Toutes les questions techniques qui ne sont pas évoquées dans le présent règlement (format des enveloppes, de la police des textes etc) sont laissées à l’appréciation des participants. Les résultats du concours seront en ligne sur le site www.compagniedubarrage.com le 15 septembre 2010. Les recueils de nouvelles seront édités dans les trois mois suivants.

 

 

Article 4 (Jury)

 

Le jury 2010 est composé de l’écrivain Ghislaine Maïmoun, d’une classe d’élève de l’Alliance française d’Oviedo (Espagne), d’un professeur de lettres modernes (Paris) et d’un professeur de lettres classiques (Tripoli – Liban), d’une directrice honoraire de la section français de l’Université de Chiang Maï (Thailande), d’un libraire français de Berlin (Allemagne), d’un journaliste du quotidien régional Sud-ouest et de deux artistes de la Compagnie du Barrage.

 

01/03/2010

Parution du recueil Editions du Barrage

éditionsdubarrage04.jpg

 

 

 

Extrait de Un été 45 en Indochine de Yann Minh :

 

 

Je m'appelle Nguyên Van Binh, mon grand père maternel était un propriétaire terrien. Il possédait des rizières à Soc Träng dans le delta du mékong et des plantations d'hévéas, de café, de cocotiers au Km 125. Mon deuxième nom est Paul et c'est ainsi que m'appelaient ceux qui m'ont connu au viet-nam.

 

J'étais l'aîné des petits enfants et mon grand-père avait fait de moi l'héritier direct des terres, car il ne voulait pas que mon père qui était joueur dilapide l'héritage.

La plus belle période de mon enfance c'était lorsque je jouais dans les rizières avec les autres enfants de mon âge. On marchait dans la boue autour des touffes de paddy sauvage. Le paddy sauvage c'est du riz, et les poissons combattants se cachent dedans.

J'étais habillé de blanc car j'étais le fils du propriétaire et certains n'avaient qu'un espèce de short pour tout vêtement. Quand ils jouaient avec moi ils avaient très peur de le déchirer alors ils se mettaient complètement nus. (...)

26/11/2009

Entretien avec Danièle Tournié

images[1].jpgLa nouvelle de Danièle Tournié "Partons demain" a été choisie en premier par le jury du concours d'été.

J’écris depuis longtemps, pour le plaisir d’écrire. Mais depuis quelques années seulement, probablement suite à un atelier d’écriture, je me suis autorisée à écrire des nouvelles que je donne parfois à lire à des amis.

Il se trouve que je prends le train plusieurs fois par semaine, pour rejoindre un lieu de travail. C’est pour moi le lieu idéal d’écriture, face à mon écran d’ordinateur, calée dans un siège de velours vert, un autre réservé à mes vêtements, documents divers.

  J’aime le train. C’est aussi le moment idéal, comme un interstice dans mon quotidien, un sas entre le travail et la vie de famille, un temps suspendu. C’est mon moment. Dans le train j’écoute de la musique, je lis, je regarde un film… etc. Avec quelques amies nous avons créé un groupe : « à lire d’elles ». Nous nous retrouvons une fois par mois environ pour passer un moment ensemble au cours duquel nous échangeons nos plaisirs d’écrire,  nos nouvelles lectures, des informations sur des concours d’écriture. A ces amies je fais lire mes nouvelles. Mon fils et ma fille sont aussi lecteurs critiques. J’aime avoir leur avis amusé ou surpris et bien sûr leur appréciation sur l’histoire, le fait que l’on puisse se sentir emporté, ou rien n’y comprendre, sentir l’enjeu sous jacent.

J’apprécie les concours d’écriture avec thème qui parfois fait écho à une idée, une image, une phrase pas forcément en lien avec ma vie personnelle. Alors la part du réel ? ce sont des détails, une ambiance qui ressurgissent, des petites choses banales, jamais  un déroulements d’événements réels. Je crois que j’aime partir d’une émotion, et l’intégrer à une fiction, Parfois, je prends un thème fixé par un concours de nouvelles, j’y pense, le triture et surgit une sensation, alors j’écris. Par exemple pour « l’été » : l’ombre du cerisier existe je l’ai rencontrée ! J’écris alors comme dans l’urgence, comme autrefois avant un examen, parce que sans échéance rien ne serait jamais terminé.  J’aime faire vivre un personnage comme dans une pièce de théâtre. Quand j’écris je me mets dans la peau du personnage comme sur scène un comédien…

J’ai été primé à plusieurs concours de nouvelles littéraires, avec beaucoup de plaisir, parce que c’est important de sentir au-delà des quelques proches lecteurs,  des inconnus lire et aimer votre texte, savoir qu’il trouve un écho auprès d’autres.

Malgré tout ce que je viens de vous dire, je ne suis pas « rentable », au sens de produire régulièrement, j’ai l’excuse du temps ! sans doute du travail ( je suis psychologue clinicienne, j’habite Paris, je travaille en Normandie)… j’aimerai parvenir à écrire avec fluidité, faire vivre des personnages, faire sentir des émotions dans  l’écriture de nouvelles. Il faut que je m’y mette !

Merci à vous d’organiser ce concours littéraire, merci de vos encouragements.

 

 

 

11/11/2009

Entretien avec Claire Thiollent - concours d'été

La nouvelle de Claire Thiollent Les terrasses d'Icarie a été choisie en second par le jury du concours d'été. Parution du recueil courant décembre 2009.
securedownload[1].jpgJ'écris des nouvelles de fiction depuis quinze ans.... de manière un peu paresseuse. Mes périodes les plus fertiles ont coïncidé avec les ateliers et groupes d'écriture amicaux auxquels j'ai participé (ou que j'ai animés) : un vrai moteur pour moi !
 
Quand je commence un texte, j'écris vite et sans savoir du tout comment il va se terminer.  J'écris pour transmettre des émotions. J'aime faire rire et "toucher" dans le même texte. J'aime écrire des histoires qui s'inscrivent dans leur époque, où l'intime est en relation avec les frissons, douleurs, chansons... qui parcourent la société.  
 
Je déteste l'autobiographie pour son impudeur. La fiction est pour moi un passage obligé, un plaisir. Elle est nourrie de fragments du réel, de ma vie et de celle des autres, avant tout des émotions vécues. Je recycle parfois une conversation surprise quinze ans plus tôt, une phrase dans une lettre ancienne...Mais je raconte une histoire nouvelle.
 
Pour "l'été", je voulais décrire un été immobile, "sous le soleil exactement", où un couple serait fasciné par un autre couple plus extraverti. Ce qui m'intéressait, c'était le moteur de la rivalité masculine, de l'envie... J'avais en tête les "petits chevaux de Tarquinia", (modèle absolu) son atmosphère, le jeu entre les deux couples. Le décor de la mer Egée a fait le reste...