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01/03/2010

Parution du recueil Editions du Barrage

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Extrait de Un été 45 en Indochine de Yann Minh :

 

 

Je m'appelle Nguyên Van Binh, mon grand père maternel était un propriétaire terrien. Il possédait des rizières à Soc Träng dans le delta du mékong et des plantations d'hévéas, de café, de cocotiers au Km 125. Mon deuxième nom est Paul et c'est ainsi que m'appelaient ceux qui m'ont connu au viet-nam.

 

J'étais l'aîné des petits enfants et mon grand-père avait fait de moi l'héritier direct des terres, car il ne voulait pas que mon père qui était joueur dilapide l'héritage.

La plus belle période de mon enfance c'était lorsque je jouais dans les rizières avec les autres enfants de mon âge. On marchait dans la boue autour des touffes de paddy sauvage. Le paddy sauvage c'est du riz, et les poissons combattants se cachent dedans.

J'étais habillé de blanc car j'étais le fils du propriétaire et certains n'avaient qu'un espèce de short pour tout vêtement. Quand ils jouaient avec moi ils avaient très peur de le déchirer alors ils se mettaient complètement nus. (...)

11/11/2009

Entretien avec Claire Thiollent - concours d'été

La nouvelle de Claire Thiollent Les terrasses d'Icarie a été choisie en second par le jury du concours d'été. Parution du recueil courant décembre 2009.
securedownload[1].jpgJ'écris des nouvelles de fiction depuis quinze ans.... de manière un peu paresseuse. Mes périodes les plus fertiles ont coïncidé avec les ateliers et groupes d'écriture amicaux auxquels j'ai participé (ou que j'ai animés) : un vrai moteur pour moi !
 
Quand je commence un texte, j'écris vite et sans savoir du tout comment il va se terminer.  J'écris pour transmettre des émotions. J'aime faire rire et "toucher" dans le même texte. J'aime écrire des histoires qui s'inscrivent dans leur époque, où l'intime est en relation avec les frissons, douleurs, chansons... qui parcourent la société.  
 
Je déteste l'autobiographie pour son impudeur. La fiction est pour moi un passage obligé, un plaisir. Elle est nourrie de fragments du réel, de ma vie et de celle des autres, avant tout des émotions vécues. Je recycle parfois une conversation surprise quinze ans plus tôt, une phrase dans une lettre ancienne...Mais je raconte une histoire nouvelle.
 
Pour "l'été", je voulais décrire un été immobile, "sous le soleil exactement", où un couple serait fasciné par un autre couple plus extraverti. Ce qui m'intéressait, c'était le moteur de la rivalité masculine, de l'envie... J'avais en tête les "petits chevaux de Tarquinia", (modèle absolu) son atmosphère, le jeu entre les deux couples. Le décor de la mer Egée a fait le reste...